TOGO : Unir, après le congrès de la reculade, la désespérance pointe

2 ans passé(e)s
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Après le congrès constitutif qui a vu surgir de l’oubli les relents tribalistes et les anciennes méthodes, il est évident de douter de l’image de réformiste que force de faire transparaître Faure Gnassingbé. Une régression qui jette du discrédit sur sa bonne foi à pouvoir faire avancer les prochains dialogues et à aller dans le sens des concessions et compromis.
C’est avant tout un gène que cela a provoqué dans les chancelleries occidentales à Lomé avant de faire objet de divers commentaires dans les médias locaux et internationaux. Le congrès de Unir qui s’est tenu fin octobre à Lomé a ramené le parti en arrière. C’est aussi le signe que la mouvance présidentielle n’a aucunement l’intention d’aller de l’avant sur les questions de réformes et surtout, de faire des concessions.
La grande reculade
Déjà, Georges Aïdam qui assurait l’intérim, même s’il vient de la branche modéré du parti, paraissait trop “à la solde” de Faure Gnassingbé. Mais en le remplaçant par des durs venus tout droit de l’école de Solitoki Esso, le plus radical des barrons, le parti fait l’option d’un grand retour en arrière. On sait, depuis toujours combien le ministre d’Etat chargé des affaires présidentielles a été contre et reste foncièrement opposé à la moindre réforme progressiste. Alors qu’on le croyait dos au mur, il est revenu en premier plan. La majorité des membres du parti notamment les militanst qui, dans la région des plateaux et au dans la partie méridionale du pays devenaient de plus en plus nombreux optaient pour plus de souplesse et ont vite été pris de court par les relents tribalistes qu’incarnent les derniers rebondissements. Résultat, un bureau minable et minimaliste, des personnalités inattendues comme Maïmounatou Ibrahima, sulfureuse ancienne ministre se retrouve, non pas en poste dans le septentrion, sa base électorale, mais dans la préfecture du Golfe, aux portes de Lomé. Comme si une reconquête du parti par la branche dure était cogitée intelligemment et mise en œuvre en toute arrogance. Cela ne peut pas ne pas avoir des incidences sur l’avenir d’un parti déjà mis à mal par de multiples mésententes internes. Sans un retour à une voie médiane et modérée, le discrédit est total et la confiance fragilisée alors que les manifestations vont s’amplifier dans tout le pays les semaines à venir.
La crainte de l’opinion
Les souvenirs des massacres orchestrés par le Major Kouloun, bras milicien des radicaux du parti et ses menaces récentes à la paix et à la concorde dans la région des plateaux où il règne en sultan brut et abrupte sont encore frais dans les mémoires. A cela, il faut ajouter diverses provocations enregistrées ces derniers mois dans plusieurs localités du pays et notamment dans la région des plateaux. La guerre ouverte aux chefs traditionnels, le fameux major est de toutes les sauces. Faure Gnassingbé s’était engagé pour ramener  sa gouvernance au centre, loin des extrémistes de tous bords. C’est ce qui justifierait, selon lui-même, la création de Unir. Sinon, à quoi sert-il de créer un parti pour hériter de tous les échecs et tares de son géniteur, le Rpt ? La victoire de la branche Esso est aussi celle du major d’une certaine manière mais aussi de Ingrid Awadé comme si Faure n’arrive pas à se passer de ses vieux démons. En cédant aussi aux extrémistes, le président togolais trahit ceux qui lui ont fait confiance et qu’il a débauchés de parti d’opposition pour crédibiliser sa posture. Créer Unir pour colporter traditions et pratiques de Rpt, mieux vaut ne pas lancer un nouveau parti et garder l’originale plutôt que de s’accrocher à une malencontreuse photocopie.
 A la veille des éventuels dialogues avec l’opposition, alors qu’il ne tient jamais parole, ces actes doivent alerter l’opposition de ce que rien ne se passera comme prévu avec un président qui n’a qu’une seule obsession, s’éterniser au pouvoir.
La Rédaction

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