Togo: l’ONU rappelle les dirigeants à l’ordre pour éviter le chaos.

10 mois passé(e)s
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Le Togo doit suivre le pas d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et limiter rapidement le mandat présidentiel à deux s’il veut empêcher que les manifestations ne deviennent une crise politique, a annoncé samedi l’envoyé des Nations Unies dans la région.

Des milliers de personnes se sont rendues dans la rue au cours des trois derniers jours pour exiger la démission de Faure Gnassingbe. C’est le défi le plus sérieux auquel fait face la dynastie Gnassingbé au pouvoir depuis 50 ans, Faure ayant pris le pouvoir à la mort de son père en 2005.

La police et la gendarmerie appuyées par les militaires ont réagi  avec des tirs de gaz lacrymogènes et des tirs de balles en caoutchou pour reprimer violement les manifestations; Les précédentes repressions avaient couté la vie  à officiellement deux personnes même si selon les témoignages sur place le bilan était beaucoup plus lourd . Par ailleurs  les appels téléphoniques et Internet ont été aussi restreints par le gouvernement de lomé.

“Il est devenu inévitable pour le Togo de rejoindre le reste de l’Afrique de l’Ouest en terme de limitation de mandat présidentiel et de démocratie…”, a déclaré le représentant spécial de l’U.N. pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel Mohamed Ibn Chambas à Reuters lors d’une interview téléphonique.

Depuis que Yahya Jammeh, de Gambie, a été expulsé après avoir perdu une élection en décembre dernier, tous les pays de l’Afrique de l’Ouest, à l’exception du Togo, ont accepté de limiter à deux le mandat présidentiel, déconcertant une tendance régressive à travers l’Afrique et permettant d’empêcher les “présidences à vie”.

“Notre objectif principal est de conseiller les Togolais de prendre ces mesures pour éviter une escalade”, a-t-il ajouté. “Nous sommes dans une région où les défis de la sécurité sont réels et menaçants et nous ne voulons pas voir une crise politique profonde”.

Il a déclaré que le geste du gouvernement de Gnassingbe cette semaine pour proposer un projet de loi visant à réformer la constitution et à réintroduire une limite à deux termes était le bienvenu mais l’opposition a rejetté ce projet de loi  parce qu’il  permettrait à Faure Gnassingbe de rester au pouvoir jusqu’en 2030.

“Je soupçonne que le diable est dans le détail. Nous devons attendre pour voir la formulation du projet “, a déclaré Chambas.

Contacté, un fonctionnaire du cabinet de Gnassingbe n’a pas  répondu à une demande de commentaires, mais Chambas a déclaré avoir reçu des assurances lors de sa rencontre avec le président vendredi qu’il avait «entendu le peuple».

Le père du président Gnassingbe Eyadema a pris le pouvoir dans un coup d’Etat de 1967 et a régné pendant 38 ans avant sa mort. Il a apporté une limitation du mandat présidentiel à  deux termes en 1992, en réponse aux protestations, puis l’a mis au rebut une décennie plus tard pour se maintenir au pouvoir.

Lorsqu’il est mort en 2005, l’armée a installé son fils au lieu du président de l’assemblée nationale comme le prevoyait la constitution togolaise, provoquant des manifestations dans lesquelles au moins 500 personnes ont été tuées.

Chambas a exhorté le gouvernement à rapidement agir pour le changement.

La Rédaction avec Reuters

 

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