Togo/Alternance en 2020 : le choix d’Agbéyomé Kodjo comme candidat unique « complique la mise » selon Mouhamed Tchassona

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C’est connu depuis quelques jours, Agbeyomé Kodjo est le candidat unique de l’opposition choisi par Mgr Fanoko Kpodzro après plusieurs tractations avec les acteurs politiques et de la société civile. Le choix porté sur le président du MPDD, loin de faire l’unanimité, est plutôt objet de critique non seulement chez le citoyen lambda, mais aussi chez certains de ses collègues de l’opposition. C’est le cas de Me Mouhamed Tchassona Traoré du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD). Ce dernier salue l’effort du prélat à recréer l’espoir de la concrétisation de l’alternance surtout en 2020, mais le choix du prélat vient tout compliquer selon lui. Dans son message de vœux, maître Tchassona, rejette catégoriquement le choix d’Agbeyomé et encore moins l’idée de candidature unique à une élection à deux tours. «… La démarche du Prélat qui devait se concevoir en termes de médiation, a plutôt compliqué la mise » lisez plutôt sa déclaration.

Message de vœux de Me Mouhamed Tchassona Traoré

Lentement, mais sûrement, 2019 a fini d’égrener ses jours pour laisser place à 2020. Qu’il me soit permis de rendre grâce à Dieu Tout-puissant qui a conduit le peuple togolais durant toute l’année 2019 et qui lui permet encore d’humer l’air de l’année nouvelle.

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Que cette nouvelle année soit celle des réussites, des joies, des accomplissements, de l’amour, de la tolérance et de la paix pour tous les fils et filles du Togo.

2020 est une année cruciale pour le Togo, car c’est une année électorale. Cette élection, qui arrive dans quelques semaines, est celle de grands enjeux pour notre pays dans ce sens qu’elle aiguise tous les appétits, suscite beaucoup d’espoir chez un peuple fatigué de plusieurs décennies de gestion chaotique et de politique politicienne.

L’esperance dans une possible alternance en cette année 2020 est si grande que tous les acteurs, chacun en ce qui le concerne, s’est véritablement impliqué pour proposer des pistes de solution pouvant permettre au rêve de se réaliser. C’est le cas notamment de Mgr Fanoko Kpodzro qui, malgré le poids de l’âge, a repris son bâton de pélerin pour amener les acteurs de l’opposition à se trouver un candidat commun pour ce scrutin.

Le Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD) a appris la nouvelle de désignation de monsieur Agbéyomé Kodjo comme candidat unique des “forces démocratiques” à l’élection présidentielle du 22 février 2020.

Le MCD prend acte de ce choix qui est l’aboutissement de plusieurs semaines de tractations initiées par Mgr Fanoko Kpodzro en vue d’amener l’ensemble des acteurs de l’opposition à faire front commun contre le candidat du pouvoir pour une alternance cette année 2020.

Toutefois, le MCD tient à faire quelques observations par rapport à la démarche de Mgr Kpodzro. Le Togo qui peine à construire des bases solides pour son évolution se trouve depuis près de 30 ans dans une impasse sur la stratégie à même de régler la double équation de construction d’une véritable démocratie et du besoin d’alternance.

Tous les obstacles entretenus par le régime en place ont alimenté toutes les formes de désespoir difficilement surmontables par les plus optimistes. Et pour couronner le tout, la démarche du Prélat qui devait se concevoir en termes de médiation, a plutôt compliqué la mise.

Nous nous retrouvons dans une démarche de solution par l’absurde. Comme quoi, lorsqu’on l’on fait face à une difficulté insurmontable, par l’absurde, on complique la difficulté dans l’espoir que la solution se dessine. Devant une telle attitude, la solution devient le problème et conforte l’impasse.

Le MCD résume cette démarche en ces mots : de l’embarras de choix au choix de l’embarras. Qu’est-ce que cela veut dire ?
D’abord, il s’agit ni plus ni moins d’un embarras de choix dans ce sens que le peuple est mis dans un embarras de choix entre résignation et espoir.

Ensuite, c’est un embarras entre Révolutionnaires et partisans de la démarche républicaine de (changement par les urnes).

C’est également un embarras entre pluralité de candidatures et candidature unique.

Enfin, il s’agit d’un embarras de choix du mécanisme d’approche entre candidatures multiples et candidature unique (société civile, concertation entre acteurs politiques) ou par personnalités neutres (religieux ou autres hommes de bonne volonté).

En tout état de cause, le mécanisme par lequel les acteurs politiques et de la société civile ont cédé à la poussée volontaire du Prélat qui a fini par compliquer le jeu. Absence de critères objectifs dans la désignation du candidat, refus de prise en compte des observations et propositions faites au Prélat et ses collaborateurs pour améliorer le mécanisme. Le MCD a par exemple proposé la signature par les partis politiques et candidats d’une charte de bonne conduite au premier tour, la mutualisation des moyens pour minimiser l’impact de la fraude, l’engagement pour les candidats au premier tour à soutenir celui qui viendrait en tête pour le second tour.

De plus, il n’est pas certain que la démarche puisse conduire à une véritable candidature unique pour l’ensemble de l’opposition. Le choix unilatéral opéré par le Prélat est source d’autres inquiétudes qui sont d’ordre légal et constitutionnel. En effet, le caractère laïc du pays en a pris un coup, la constitution, prévoyant désormais un mode de scrutin à deux tours, rien ne saurait justifier cette obsession à confiner toute l’opposition dans une démarche de candidature unique.

Enfin, le MCD note que la solution du Prélat conduit plutôt au choix de l’embarras. La désignation de monsieur Agbéyomé Kodjo semble être un choix à peine compréhensible. D’abord du fait des acteurs politiques en présence au début de cette démarche, mais qui ont fini par se retirer du processus. Ensuite, le MCD pense que le choix d’un candidat unique de l’opposition pour le premier tour du scrutin, si cela était une condition sine-qua-non, devrait se s’opérer en tenant compte du poids politique des acteurs impliqués dès le début du processus enclenché par Mgr Kpodzro, mais également de la sociologie électorale du Togo.

Au regard, de tout ce qui précède, le MCD réaffirme sa position qu’il a déjà clairement expliquée à plusieurs reprises au Prélat. La candidature unique de l’opposition n’est pas la clé de l’alternance en 2020. Vouloir confiner les acteurs de l’opposition dans une dynamique de candidature unique est une entorse à la démocratie dans le contexte actuel.

Le MCD réitère son approche de mutualisation des moyens par l’ensemble des candidats de l’opposition pour une présence effective de ses représentants dans tous les bureaux de vote. Le report des voix en faveur du candidat de l’opposition qui viendrait en tête pour le second tour paraît plus réaliste.

Convaincu que les électeurs inscrits en 2018 ne sont pas uniquement militants du parti au pouvoir malgré ce que certains tentent de faire croire, le MCD appelle les populations togolaises à se mobiliser massivement le 22 février pour voter contre le système politique qui a régenté le pays ces cinq dernières décennies.

Bonne et heureuse année 2020 à toutes et à tous !

Le président du MCD

Me Mouhamed Tchassona Traoré


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