Présidentielle 2020 : Abdou Assouma entre sauver ou sombrer le Togo

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Présidentielle 2020 : Abdou Assouma entre sauver ou sombrer le Togo

La Cour constitutionnelle annonce pour ce mardi 3 mars, la proclamation des résultats définitifs du scrutin présidentiel du 22 février. Qui de Faure Gnassingbé ou d’Agbéyomé Kodzo sera proclamé vainqueur ? C’est la grande question qui taraude l’esprit de tous les Togolais et du monde entier. Surtout quand on sait tout le bruit qui entoure le résultat provisoire proclamé par la CENI. Les deux premiers candidats, l’un élu largement avec 72,36 % et l’autre crie à la fraude et revendique la victoire. Une atmosphère qui laisse présager un lendemain électoral sombre pour le pays à moins qu’Abdou Assouma décide de le sauver.

Victoire contestée de Faure Gnassingbé

C’est désormais une habitude pour le Togo. On ne peut pas parler d’élection sans parler de cas de fraude ni d’éléments de nature à mettre en cause la transparence du scrutin ou de la neutralité des institutions organisatrices de ses élections. En tout cas le scrutin du 22 février est loin d’en être une exception. En effet, les 72,36 % qui portent Faure Gnassingbé au Fauteuil présidentiel pour un quatrième mandat passent mal chez la classe politique de l’opposition et la communauté internationale. Pour Agbéyomé Kodzo, deuxième avec 18,37 %, il s’agit d’une victoire volée pour Faure.


L’homme de la dynamique ne cesse de marteler qu’il est le président élu et qu’il ne se retrouve pas dans les chiffres à lui attribués par la CENI. Position partagée par certains citoyens comme Mr Franck, un fonctionnaire togolais qui doute des résultats. « C’est un peu étrange les résultats de la CENI. Faure Gnassingbé a peut-être gagné vraiment. Mais le score qu’on lui a donné ne convainc personne. Du RPT à Unir, le pouvoir n’a jamais gagné aussi largement et pourquoi, c’est en ce moment même où Faire Gnassingbé est vomi par plusieurs Togolais qu’il obtient un si grand pourcentage ? Il y a vraiment à redire sur ces résultats. »

Les États-Unis, également, doutent de la transparence du scrutin. Dans une note publiée en effet la semaine écoulée, l’ambassade des USA au Togo préconisent « la proclamation des résultats bureau de vote par bureau de vote ». Une mesure, qui selon eux, rétablira un climat de confiance entre les acteurs. En tout cas dans tout ceci, Agbeyomé ne cessent de réclamer sa victoire en exhibant chaque fois des preuves de fraudes. Pour l’ex Premier ministre, le pouvoir a pris un plat chaud qu’il va laisser forcement. Faure Gnassingbé « n’ira pas loin » a t-il indiqué lors d’une conférence de presse animée ce lundi 2 mars.

Retour en force de la crise

La crise politique, c’est tout le mal que redoutent les Togolais. Si de par le passé, Faure Gnassingbé faisait face aux leaders qui revendiquent les victoires sans « arguments solides ou preuves palpables, ou encore forces contraignantes », cette fois-ci visiblement pas le cas.

Agbeyomé Kodzo, se montrent de plus en plus confiant et rassuré qu’il prendra le pouvoir « volé par Unir ». L’homme compte non seulement sur les Togolais, mais aussi sur la communauté internationale entre autres la France, les USA pour le rétablissement de la vérité des urnes.

« La France est plurielle et chacun y trouve ses relations. J’ai les miennes. Je peux affirmer que s’ils ont précipité les choses, c’est en fonction de ce que nous faisons. Mais là encore, ce n’est pas encore confirmé. J’attends de voir ce que dirai le quai d’Orsay ou l’Élysée », a martelé l’homme de la dynamique Kpodzro ce lundi.

Un véritable bras de fer entre Gnassingbé et Agbeyomé. Quelle sera la situation au Togo après la proclamation définitive si Faure est confirmée réélu ? La cour constitutionnelle pourra t-elle proclamer Agbeyomé vainqueur ? Si oui, Unir et ses caciques, accepteront ils de laisser le pouvoir facilement ?

Un tas de questions qui laissent à penser au pire pour le Togo. Plusieurs personnes sont déjà arrêtées après bastonnade lors d’une manifestions de revendication de victoire vendredi dernier. Mais, l’instigateur du 19 Août 2017, Tchikpi Salifou Atchadam annonce dans la foulée, la mise en œuvre de son plan, qui consiste à ce que l’homme appelle « un maillage du territoire par les leaders de l’opposition » pour faire tomber le régime afin d’instaurer « une transition politique sans Faure Gnassingbé »

D’autres partis d’opposition, notamment, le Parti des Démocrates appellent à une transition sans Faure Gnassingbé afin d’assainir l’atmosphère politique togolaise et mettre le pays sur une bonne base de démocratie.

Abdou Assouma, entre sauver ou sombrer le Togo

C’est l’accalmie avant la tempête si on peut le dire ainsi. Une chose est sûre, la tension à ce jour est relativement vive, et tous les regards sont tournés vers la cour constitutionnelle. Puisque ce qu’elle dira, déterminera le visage que présentera le pays par la suite.

Pour certains, il faut recompter des voix bureau de vote par bureau, pour d’autres, il faut rétablir la vérité des urnes en donnant la victoire à Agbéyomé selon les éléments contenus dans son recours, et encore pour d’autres, il faut tout simplement annuler le scrutin du 22 février et organiser de manière plus transparente et de façons inclusive tous les acteurs et observateurs nationaux et internationaux afin de rétablir le climat de confiance.

Une décision sage du président de la cour constitutionnelle ce mardi à 15 h, sortira le Togo du danger. Mais le contraire, le plongera dans le chao total avec « deux présidents et deux gouvernements ».

Stan A.

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