Libye: Marchés d’esclaves – face au tollé général, Tripoli ouvre une enquête

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Les autorités libyennes basées à Tripoli ont annoncé, dimanche dans un communiqué, ouvrir une enquête sur la vente des migrants. Après la publication de vidéos par la chaine américaine CNN montrant des migrants vendus sur des marchés libyens, une vague sans précédent d’indignation a soufflé sur le continent avec des manifestations de citoyens et la protestation de plusieurs gouvernements.

C’est la moindre des choses ! Dans un communiqué du ministère des affaires étrangères libyen publié le dimanche, les autorités de Tripoli se sont à leur tour indignées des « actes inhumains » rapportés par la chaîne américaine sur la vente des migrants dans le pays, ce qui a provoqué une véritable vague d’indignation partout sur le continent et même au delà. « Le gouvernement suit avec grande attention les rapports des médias sur l’exploitation des migrants clandestins par des criminels » a annoncé un haut diplomate libyen devant des journalistes convoqués pour l’occasion.

C’est la première sortie officielle du gouvernement d’union nationale (GNA) sur cette affaire que les autorités de Tripoli ont qualifiée « d’actes inhumains et contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen ». Selon le communiqué, une enquête sera ouverte pour en savoir plus et, promet le gouvernement de Tripoli, « si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies ».

 

C’est aussi ce qu’avait annoncé quelques heures plutôt, le vice-premier ministre, Ahmed Metig, qui a également exprimé « son mécontentement quant à la réapparition du commerce d’esclaves dans la banlieue de Tripoli ». Selon l’AFP qui s’appuie sur un de ses communiqués publiés sur Facebook, Metig avait indiqué qu’il chargerait « une commission d’enquêter sur ces informations de presse afin d’appréhender et soumettre les responsables à la justice ».

Les autorités libyennes ont profité de l’occasion pour réitérer leur « attachement à la charte des droits de l’Homme de l’ONU » mais ont mis en garde les pays impliqués notamment ceux de la région « contre les solutions internationales superficielles et stériles qui font en réalité obstacle à ses efforts pour endiguer ce phénomène, ouvrant la voie aux réseaux du crime organisé ». Le message est particulièrement adressé à l’UE qui finance la stratégie de lutte contre la migration illicite dans le pays. La semaine dernière, le haut commissariat des droits de l’Homme de l’ONU a déjà fustigé l’approche européenne dans ce dossier.

Le vent d’indignation ne faiblit pas

L’annonce des autorités libyennes qui répond ainsi à une demande expresse de l’UA dont le président Alpha Condé a également demandé l’ouverture d’une enquête, est presque passé inaperçue sur le continent. Ce lundi en tout cas, des manifestations sont prévues dans plusieurs capitales africaines après celles qui se sont tenus le samedi dernier dont une devant l’ambassade de Libye à Paris.

En prévision d’ailleurs à ces manifestations, les forces de l’ordre ont été par exemple déployées à Abidjan aux alentours de l’ambassade de Libye afin de prévenir tout débordement.

Des intellectuels, artistes, sportifs et autres personnalités influentes du continent se joignent au mouvement qui ne cesse de s’amplifier et plusieurs pays sont montés au créneau pour dénoncer ces actes et réclamer la fin de l’exploitation des migrants.

People hold a banner reading “No to slavery” during a demonstration against discrimination in Nouakchott on April 29, 2015. Thousands of descendants of Moorish slaves in Mauritania, known as the “Haratin”, protested in Nouakchott on the evening of April 29 against discrimination and to demand justice and equality for the Haratin. AFP PHOTO / STRINGER / AFP PHOTO / –

 

Après le Niger qui a demandé à ce que le dossier soit au menu du prochain sommet UA-UE qui se tiendra à al fin du mois à Abidjan, le Mali a rappelé son ambassadeur en poste à Tripoli a annoncé son chef de la diplomatie Abdoulaye Diop. Le gouvernement ivoirien s’est également indigné et a traité la question lors de son dernier conseil de ministre. Le pays a d’ailleurs rapatrié, vendredi dernier, plus de 500 de ses ressortissants en détresse en Libye en collaboration avec l’organisation internationale des migrants (OIM). Plusieurs pays envisagent de faire de même dans les prochains jours.

La rédaction avec Aboubacar Yacouba Barma

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