INTERVIEW EXCLUSIVE/ KOLANI Lardja : « On ne peut pas laisser le pétrole fluctuer dans nos pays où l’économie informelle domine »

2 mois passé(e)s
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Différents acteurs réagissent chacun selon son domaine. Certains, pour fustiger, d’autres, pour proposer de solution, c’est le cas du Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR) .

Ils ne se signalent que quand la situation sociopolitique du pays inquiète encore plus. Il s’agit des membres du Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR). L’évolution des dernières actualités sociopolitique du Togo, ne laisse personnes  indifférents.  Différents acteurs réagissent chacun selon son domaine. Certains, pour fustiger, d’autres, pour proposer de solution, c’est le cas du Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR) . Dans  une interview accordée  à notre rédaction, son secretaire général Monsieur Henri Lardja KOLANI revient sur l’éducation, l’économie, la politique. Et surtout le social avec la hausse des prix des produits pétroliers. Pour lui, « On ne peut pas quelles que soient les circonstances, laisser le pétrole fluctuer dans nos pays où nous sommes dans une économie informelle » lisez plutôt.

Monsieur Henri KOLANI, comment se porte le Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR) ?

Henri KOLANI : Le PDR se porte comme bien, comme le dit notre slogan, « la force tranquille ».

À part votre présence à la CENI, vous êtes absent sur le terrain des activités politiques. Est-ce un choix ou un manque de moyens ?

Henri KOLANI : Le PDR a participé aux élections législatives, aux élections municipales, nous faisons régulièrement des déclarations avec proposition des pistes de solutions aux problèmes qui minent les différents secteurs dans le pays. Nous sommes actuellement présents au CNAP (concertation nationale entre acteurs politiques).

Justement, concernant le CNAP, quel est l’état d’avancement des travaux ?

Henri KOLANI : les travaux se poursuivent assez normalement. Après plusieurs propositions de presque tous les partis politiques, la quiétude semble désormais régner. Il n’en demeure pas moins que ce n’est pas tout le monde qui est content. Les problèmes qui ont été évoqués, particulièrement pour le problème de la composition de la CENI ; Unir a fait une première proposition qui tendait à faire en sorte que la composition actuelle reste 17 membres mais que pour les partis politiques extra-parlementaires et la société civile, qui, dans le code électoral ont droit à trois membres, que ces trois membres au lieu d’être élus par l’Assemblée nationale, qu’ils soient désignés au sein de l’opposition, par les partis politiques de l’opposition. Le partage qui a été fait, donnait 1 pour l’ADDI, 1 pour les FDR et 1 l’ANC.

La surprise, c’est qu’un des partis politiques a voulu s’accaparer de deux (2) au détriment des autres. Ça a fait qu’il y a eu blocage. Après plusieurs échanges, on est revenu sur l’application du code électoral actuel. Donc on va procéder par des dépôts de dossiers à l’Assemblée nationale qui va donc élire l’ensemble des membres de la CENI.

Vous avez une idée sur les élections régionales ?

Henri KOLANI : Il ne revient pas à un parti politique de se prononcer sur la date des régionales. Il y a une procédure pour toute élection. C’est la CENI qui fait la proposition de la date au gouvernement après ses travaux préparatoires et le gouvernement fixera en définitive la date.

Vous avez sorti un document le 25 mai dernier qui touche des aspects assez importants de la vie socio-politique du pays, pouvez-vous nous en parler ?

Henri KOLANI : ce document n’est que le premier d’une liste de documents portant sur les aspects économiques, sociaux du pays. Le lot de documents qui va paraître a un dénominateur commun d’abord qui est le Budget et sa gestion. Depuis toujours, on a fait des budgets qui s’attaquent à tous les secteurs à la fois. Ce qui est un saupoudrage. On semble piétiner. Le budget d’investissement devrait porter chaque année sur un secteur économico-social au lieu d’être réparti à travers tous les ministères qui tirent la ficelle vers soi, sera géré par un organe spécial mis en place pour la cause. Un organe indépendant qui va se charger des bénéficiaires de chaque investissement et qui sera soumis à une cours spéciale qui va mener les enquêtes appropriées pour publier des rapports.

La deuxième partie du document, c’est l’enseignement. Les états généraux de cet enseignement, c’est que nous avons des écoles délabrées, des écoles sans clôture, ni d’eau, ni de sanitaire, et surtout l’effectif dans les classes. Nous tombons des nues quand le ministre de l’enseignement prend certaines décisions à l’endroit des enseignants ; On s’attaque plus aux conséquences qu’aux causes.

Vous proposez de revoir aussi le système LMD, qu’entendez-vous pas là ?

Henri KOLANI : Le système LMD en soi n’est pas une mauvaise chose ; mais c’est la façon dont le système est géré qui fait problème. Ailleurs, ce ne sont pas des amphithéâtres de 500, 1000… Étudiants. Mais c’est des salles de cours de 30, 50 étudiants. La pléthore d’étudiants dans les amphis cause le problème. La même chose pour les élèves. Vous avez par exemple les élèves scientifiques qui n’ont même pas une fois, fait une expérience. On doit refondre le système et avoir par exemple des laboratoires dans les lycées.

Parlons de l’actualité, selon les derniers chiffres sur la covid-19, la contamination est en baisse, mais les prix des denrées alimentaires sont à la hausse et tout dernièrement, l’augmentation du prix des produits pétroliers. Quel regard portez-vous sur tout cela ?

Henri KOLANI : parler de la misère des populations togolaises et africaines du fait du coronavirus, c’est comme méconnaître la situation des populations depuis toujours. Ce n’est pas le covid-19 qui a engendré la misère rampante dans presque toute l’Afrique. Non !!! Les gens survivent toujours et il y a ceux qui se sucrent dans la gestion de nos Etats. On jette tout le tort sur le coronavirus. Le coronavirus est venu en rajouter, mais il faut qu’on regarde objectivement l’état de nos Etats.

Le cas du pétrole. On ne peut pas, quelles que soient les circonstances, laisser le pétrole fluctuer dans nos pays où nous sommes dans une économie informelle à 80%,ou à 90%. Ça ne peut pas fluctuer. Ça doit être la croix et la bannière pour nos gouvernants.

Il faudrait que les gens rendent publique la gestion de l’Etat. Le baril est à 72 dollars, quand c’était à 18 dollars quelle réserve a-t-on fait ? Toute la réserve faite en ce moment est devenue quoi ? Il faut qu’on nous le dise.

Un dernier mot ?

Henri KOLANI : on a parlé du pétrole, qu’en est-il des péages ? À cause du loyer cher, les gens vont vivre en périphérie au-delà du péage qu’ils doivent traverser tous les jours et pour venir en ville, ils doivent régler au péage. Ce n’est pas admissible. Ou soit on déplace les péages ou carrément, on ramène les frais à un coup très raisonnable.

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