Gabon: Nouveau rebondissement dans l’affaire de BR SARL

5 ans passé(e)s
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Les victimes de l’affaire BR SARL viennent de saisir la justice française pour « escroquerie en bande organisée, abus de confiance et blanchiment ». Dénonçant des défaillances dans le système judiciaire gabonais ces victimes dont certains la double nationalité franco-gabonaise viennent d’enregistrer leurs plaintes au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris.

Nouveau rebondissement dans l’affaire BR SARL au Gabon. Parallèlement à la procédure judiciaire est en cours au Gabon, une plainte a été déposée en France, notamment pour « escroquerie en bande organisée, abus de confiance et blanchiment ». A titre de rappel, Mapakou était parvenu, avec deux de ses complices, à convaincre près de 10 000 personnes à investir dans la microfinance BR SARL dont il assurait la gestion en leur promettant des taux d’intérêts atteignant 45%. Pour pousser ses clients à investir plus d’argent dans sa mafieuse arnaque à la Bernard Madoff, son slogan était “on s’en fout du bénéfice. Nous sommes venus aider les pauvres”. Malheureusement pour tous ceux qui se sont laissés appâter, le Bishop de La Chapelle des solutions va s’évanouir dans la nature le 15 octobre 2015, avec tout leur magot estimé à plusieurs milliards de FCFA.

Cette affaire a donné lieu à une procédure judicaire au Gabon, suite à une plainte déposée par les victimes. Mais depuis l’ouverture de cette procédure rien ne semble plus bouger. Lassées d’attendre et jugeant le système judiciaire gabonais défaillant, les organisations « ROLBG », « On m’achète pas » et le « Collectif des clients spoliés », ont décidé de porter l’affaire en France. Une procédure rendue possible par la double nationalité franco-gabonaise de quelques-unes des victimes de l’arnaque. Ces organisations viennent d’enregistrer au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, la plainte vise trois anciens dirigeants de BR SARL. Selon les plaignants, l’entreprise aurait empoché près de 23 millions d’euros avant de mettre la clé sous la porte, laissant sur le carreau quelque 30 000 épargnants.

Les victimes accusent aussi l’Etat gabonais de complicité : « Cette microfinance a fait de la publicité dans la chaîne publique, a ouvert dans les neuf provinces des agences, donc la responsabilité de l’Etat gabonais est complètement évidente. L’Etat gabonais a l’obligation de réparer le préjudice moral et matériel subi par les épargnants » a déclaré Georges Mpaga, président du collectif ROLBG. Une accusation que réfute le gouvernement gabonais : « Cette société a floué les gens qui eux, ont décidé d’aller vers l’argent facile parce qu’au Gabon, il y a des banques avec des taux officiels reconnus. Ils sont allés vers des taux exorbitants et de ce point de vue, l’Etat gabonais n’est pas du tout mis en cause dans cette histoire. La seconde chose, que les Gabonais aillent porter plainte en France, nous ne comprenons pas très bien. Croire que la justice française est au-dessus de la justice gabonaise, est quand même assez malheureux de la part de compatriotes » rétorque Alain-Claude Bilie Bi Nzé porte-parole du gouvernement gabonais,

L’ex-dirigeant de l’entreprise Yves David Mapakou serait assigné à résidence en France. Les autorités gabonaises assurent être dans l’attente de son extradition pour donner une suite à la plainte des victimes.

Emmanuel AMEGEE

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