CHRONIQUE POLITIQUE de Firmin Teko-Agbo: Les ODD, Un espoir pour les peuples Africains en matière des droits de l’homme ?

5 ans passé(e)s
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 En perpétuelle lutte pour la promotion de leurs droits , les peuples  Africains continuent toujours de chercher des sainst auxquels ils pourront se vouer.  Les mécanismes nationaux et internationaux, malgré leur bon contenus n’arrivent toujours pas à mettre fin définitivement à  des violations des droits de l’homme.Entre temps, l’apparition  des OMD a suscité un brin d’espoir en ce qui concerne l’atteinte de ces objectifs. Mais le bilan après 15 ans d’existence semble peu reluisant. Les yeux sont désormais fixés sur les Objectifs du développement durable,ODD pour assurer une meilleure protection des droits de l’homme. Que  peut-on donc en espérer ?   

Nous sommes le   26 Septembre 2015.  Les Nations-Unis adoptent les Objectifs du développement durable. Le Monde vient de souscrire encore à de nouveaux engagements. Mème sans bilan présenté, on sait que les OMD appartiennent désormais à l’histoire.  Un nouvel espoir pour le monde entier surtout pour les peuples qui se sentent abandonnés ou qui sont des laissés pour compte. Un nouvel espoir pour les peuples dont les droits sont toujours violés au mépris des mécanismes nationaux et internationaux,car les Objectifs pour le dévéloppement durable consacrent une grande partie aux droits de l’homme.

              Les ODD, pour une meilleure protection des droits de l’homme dans le monde :

Les  OMD étaient essentiellement considérés comme des cibles pour les pays en développement mais financés par les pays développés. Ces huit objectifs du Millénaire pour le Développment durable durant les 15 ans qui leur ont été consacrés n’ont pu arriver à régler un temps soit peu, ne serait-ce qu’en partie la question liée aux violations des droits de l’homme. Aujourd’hui de nombreux défis restent à relever dans presque tous les domaines surtout en terme des droits de l’homme. Les ODD apparaissent donc pour combler le vide et faire mieux que « son prédécesseurs »

                                Les ODD, bons défenseurs des droits de l’homme

Le Programme 2030 imagine « un monde où soient universellement respectés les droits de l’homme et la dignité humaine, l’Etat de droit, la justice, l’égalité et la non-discrimination ». Il prend explicitement ancrage dans la DUDH et les traités internationaux des droits de l’homme et souligne les responsabilités de tous les Etats de respecter, de protéger et de promouvoir les droits de l’homme. Il met fortement l’accent sur l’autonomisation des femmes et des groupes vulnérables comme les enfants, les jeunes, les personnes handicapées, les personnes vivant avec le VIH/SIDA, les personnes âgées, les communautés autochtones, les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et les migrants.

Alors que les OMD n’étaient pas conçus pour s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté et de l’inégalité et ne faisaient aucune référence directe aux droits de l’homme, le Programme 2030 adopte une approche beaucoup plus globale. Les 17 nouveaux Objectifs de développement durable et les 169 cibles associées ne visent pas seulement à éliminer la pauvreté et la faim sous toutes leurs formes mais aussi à « réaliser les droits de l’homme pour tous et l’égalité entre les sexes ». Une approche du Programme centrée sur les personnes vise à garantir à tous les êtres humains la possibilité de réaliser leur potentiel dans la dignité et l’égalité, ce qui fait écho à la DUDH. La durabilité de la planète, la prospérité partagée, des sociétés pacifiques, justes et inclusives ainsi que des partenariats mondiaux pour le développement durable constituent les autres éléments qui sous-tendent les ODD.

La nouvelle est vraiment bonne pour les tous les peuples de par le monde dont les violations de leurs droits sont érigés en principe. Malgré tous les efforts consentis par les journalistes et les sociétés civiles dans le monde entier surtout dans les pays africains, les premières Autorités de certains pays trouvent toujours du plaisir à violer les droits de leurs concitoyens. Les mécanismes nationaux et internationaux qui fondent leurs actions en ce qui concerne la défense des droits de l’homme se voient un peu plus élargis avec ces nouvelles dispositions relatifs au développement durable. Ils vont sans nul doute s’en inspirer pour améliorer leurs prestations ou intensifier leurs actions pour faire fléchir les gouvernants quelques fois. Néanmoins la formulation de certaines dispositions contenues dans les ODD est suscpetible de créer de petites  polémique et de faire disparaitre l’esprit contraignant du texte.

                Les insuffisances dans certains énoncés.

Bien que les ODD 2030 fassent nettement référence aux droits de l’homme dans sa formulation, notamment dans son préambule, ilne répond pas aux attentes d’une approche pleinement fondée sur les droits. Par exemple, dans les négociation finales, la référence explicite à la responsabilité des Etats de « réaliser » les droits de l’homme a été supprimée et remplacée par le terme « promouvoir ». En outre, les dispositions sur la non-discrimination ne sont plus aussi clairement affirmées même si la liste des motifs de discrimination illicite reste ouverte. Le compromis a consisté à revenir à une formulation plus générale des droits de l’homme déjà énoncée dans les articles 8 et 9 du  Document final de la Conférence Rio+20 de 2012 qui établissaient le lien entre le développement durable et les droits de l’homme. De plus, les ODD sur les sociétés inclusives et responsables et l’accès à la justice n’est pas conçu en termes de droits de l’homme même si la plupart de ses cibles sont essentielles pour réaliser les droits civils et politiques. Une situation qui peut démotiver ceux qui y ont vu un certain moment un certain espoir en la matière.

                Les ODD et les Droits de l’homme, que peut espérer l’Afrique ?

Ces nouvelles dispositions sont en voie de renforcer les actions menées par divers activistes des droits humains. En tout cas, plusieurs défenseurs s’en réjouissent depuis un moment car c’est un outil de plus.  Avec des dispositions consacrées à la dignité humaine, de nombreux efforts pouront y ètre encore consentis.  Avec des prisons surpeuplées dans les capitales africaines, la liberté de presse muselée par endroit, ces nouveaux objectifs mondiaux pourront donner plus de couleur à la lutte et amener les Autorités Africaines à fléchir devant des cas d’abus. Lors de la dernière élection présidentielle au Congo Brazzaville, le Pouvoir a coupé l’internet sur toute l’étendue du territoire national. La conséquence est inimaginable. Au Togo, l’organisation et la procédures dans certaines affaires judiciaires a été toujours dénoncée par une partie de des Avocats et de la Société civile. L’Affaire d’atteinte à la sureté de l’Etat dans laquelle serait impliquée le demi-frère du chef de l’Etat,  l’affaire d’escroquerie internationale impliquant l’Ancien Directeur de Cabinet du Président de la République en sont une parfaite illustration.

                              Sur le plan social

La pauvreté , les mesures d’austérité, le taux de chomage ont accentué des ODD 2030. Le Programme  vise à promouvoir l’emploi des jeunes et un travail décent pour tous. La nouvelle bien accueuillie sur ce continent qui continue de baigner dans une certaine précarité et une misère légendaire. Le Rapport sur la pauvreté en Afrique, publié en Octobre 2015 par le Groupe de la Banque mondiale, estime qu’en 2012, 388 millions de personnes – soit 43 % de la population totale en Afrique subsaharienne vivaient dans l’extrême pauvreté. Cela représente 5 millions de moins qu’en 2011. Début octobre, le Rapport de suivi mondial 2015/2016 publié également par la Banque mondiale évaluait le nombre actuel de personnes vivant dans une situation de pauvreté extrême en Afrique subsaharienne à 347 millions alors qu’on en recensait 284 millions en 1990. Ainsi le pourcentage d’africains vivant dans la pauvreté diminue mais leur nombre augmente du fait de l’accroissement démographique.

Sur le plan de la santé, La couverture maladie universelle figure au nombre des objectifs  du Programme 2030. Le Droit à la santé reconnu par la Déclaration universelle des Droits de l’homme retrouve toute sa place dans les ODD. Les Africains pourront y espérer une bonne nouvelle dans la pratique si leurs dirigeants revoient leurs différentes politiques sanitaires. Les systèmes de santé en Afrique sub-saharienne reflètent un contexte de sous-développement général, tant du point de vue des équipements que de l’information. L’étude de ce système, pour définir les paramètres déficients, est nécessaire à l’amélioration de leur efficacité.

En Afrique du Nord, la situation est partiellement moins reluisante.  Les hôpitaux marocains sont à ce jour incapables de couvrir les besoins de la totalité de sa population. Quant aux conditions d’hospitalisation, malgré quelques nettes améliorations, elles sont, pour beaucoup d’hôpitaux, désastreuses. Au Maroc, le plus grand malade est l’hôpital. Avec quelque 122 hôpitaux, pour un total de 26 000 lits, le pays est dans l’incapacité de subvenir aux besoins médicaux de l’ensemble de la population qui s’élève à plus de 30 000 millions. Les établissements de santé souffrent gravement d’une carence en ressources financières, équipements et personnels. Les chiffres sont alarmants : 46 médecins pour 100 000 habitants, dont 44% d’entre eux sont implantés entre Rabat et Casablanca.

Avoir le droit à des soins décents n’est vraisemblablement pas la priorité du gouvernement. Par exemple, pour qu’elle puisse accoucher, une femme doit d’abord s’acquitter d’une certaine somme avant d’être admise à l’hôpital. Et tous les Marocains ne bénéficient pas d’une couverture médicale. Pourtant, il est très fréquent que ces derniers soient amenés à se procurer eux-mêmes leurs propres médicaments et autres fournitures en cas d’hospitalisation.

Les Objectifs pour le développemnt durable, nouveaux objectifs mondiaux apparaissent donc pour jouer « son role de messie » dans la vie de ce peuple qui a attendu pendant des années l’amélioration de ses conditions de vie et de travail. En 15 aannées, le monde a été incapable de réaliser tous les huit objectifs du Millénaire pour le développement. Qu’en serait-il des 17 objectifs sanctionnés par le mème délai ?

Firmin Teko-Agbo

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