Bénin : Talon demande la restitution des « trésors pillés » par la France!

Fin juillet, le Bénin a réclamé à la France la restitution de 5 000 pièces de son patrimoine, « pillées » par Paris à l’époque coloniale. Une première pour un pays d’Afrique subsaharienne, qui pourrait en pousser d’autres à faire la même demande.

C’est une demande historique que le Bénin a adressée à la France le 27 juillet. L’ancienne colonie d’Afrique subsaharienne, indépendante depuis 1960, a officiellement réclamé à Paris la restitution de biens culturels acquis à la fin du XIXe siècle, du temps de la colonisation.

« C’est la première fois qu’une ancienne colonie d’Afrique noire entame une telle démarche », explique Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), contacté par France 24. L’association s’active depuis 2013 pour la restitution de ces « trésors pillés » béninois.

Il s’agit de quelque 5 000 pièces, réparties dans plusieurs musées privés, mais dont la majorité appartient désormais aux collections du musée du quai Branly, à Paris.

« Pièces pillées »

« Les pièces maîtresses de ces trésors pillés, visibles au Quai Branly, sont des statues anthropomorphes des derniers rois d’Abomey, une dynastie qui a régné au Bénin jusqu’à la fin du XIXe siècle, dans ce qu’on appelait alors le royaume du Dahomey », détaille Louis-Georges Trin.

Autres objets d’une très grande valeur patrimoniale, plusieurs « récades » (sceptres royaux), des trônes, ou encore les portes sacrées du palais d’Abomey. « Ces pièces ont été pillées par le général Dodds, le militaire français à la tête des troupes, qui ont conquis le pays entre 1892 et 1894 », poursuit Louis-Georges Trin.

La France doit désormais apporter une réponse officielle à cette demande. Si Paris répond positivement, la procédure peut cependant prendre du temps, car l’autorisation de restitution doit être entérinée par la loi, d’après le Cran, qui espère néanmoins voir la démarche aboutir avant l’élection présidentielle de 2017.

« Nous avons senti une évolution de l’Élysée, qui se montre désormais plus ouvert sur ces questions de restitutions et de réparations post coloniales », estime Louis-Georges Tin, citant en exemple l’annonce faite par François Hollande le 10 mai 2016 – journée de commémoration de l’esclavage –, de la création d’un musée de l’esclavage et d’une fondation pour la mémoire de l’esclavage.

La Rédaction / France 24

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