Afrique du Sud / Législatives : Vers une défaite programmée pour l’ANC

5 ans passé(e)s
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26 millions de sud africains votent dans 278 villes pour élire leurs maires et conseillers municipaux. Pour la première fois depuis la fin de l’apartheid, le parti au pouvoir peut connaitre une défaite historique. Tout au long de la campagne, l’opposition n’a pas hésité à utiliser le nom consensuel de Nelson Mandela pour convaincre les électeurs que l’ANC les a aujourd’hui trahis.

 

Pour une fois l’ANC pourra perdre les élections en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid.  Les scandales à répétition et la mauvaise santé de l’économie sud-africaine pèsent lourd sur le bilan de l’ANC à l’heure des élections législatives. Vingt-deux ans après la chute de l’apartheid et l’avènement de la démocratie, beaucoup de Sud-Africains reprochent à l’ANC de ne pas avoir fait assez. Et ils pourront exprimer ces mécontentements dans les urnes ce mercredi.

Les partis de l’opposition pourront tirer profit de cette situation et s’imposer dans plusieurs municipalités. Trois villes sont au centre de toutes les attentions: la capitale Pretoria, le “hub” économique Johannesburg et Port Elizabeth, cité industrielle du bord de l’océan Indien. Dans ces villes et dans d’autres l’Alliance démocratique espère cette fois rassembler au-delà de son électorat traditionnel et opérer une percée dans l’électorat noir. Quant au parti EFF de Julius Malema, qui participe à ses premières municipales, il compte s’inscrire définitivement dans le paysage sud-africain

Le Congrès National Africain qui a tout fait pour mettre en sourdine ses divisions durant sa campagne électorale et protéger le président Zuma parait aujourd’hui très fragile. Dans une interview récente, l’ancien président Kgalema Mothlante n’a pas hésité à affirmer que « le pays est désormais en pilote automatique ». Pire encore, l’ancien président Thabo Mbeki a reçu chez lui Julius Malema et cinq cadres du parti EFF en campagne. Lors d’une scène surréaliste, les deux hommes n’ont pas hésité à se donner l’accolade devant les caméras de télévision.

Les divergences entre Julius Malema et Thabo Mbeki sont pourtant bien connues. Tout comme leur principal point commun : une aversion partagée pour Jacob Zuma. L’ancien président Mbeki vêtu d’un manteau aux couleurs de l’ANC, a appelé les élus « à servir le peuple », et non leurs intérêts personnels.

Si les résultats des élections sont mauvais, il semble clair que l’assaut reprendra de plus bel contre le chef de l’Etat sud-africain alors que beaucoup au sein même de l’ANC, souhaitent le voir quitter le pouvoir avant le terme de son mandat.

Emmanuel AMEGEE

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